Intéressant à lire :
Dans un mois tout juste, le 9 octobre 2008, Pierre Palmade montera sur scène au théâtre Fontaine pour une pièce autobiographique intitulée « Le comique ». À cette occasion, le comédien a accordé une interview pour Paris Match dans laquelle il parle sans détour de son homosexualité. En voici quelques extraits. Propos recueillis par Ghislain Loustalot.
G.L : Au lycée vous sortiez avec des filles, mais vous étiez déjà attiré par les garçons. Comment avez-vous composé avec cette ambiguïté ?
P.P : J’ai vécu mon homosexualité comme une maladie. Dit par un hétéro, cela pourrait être mal pris, je le sais, mais j’assume, moi j’ai le droit.
G.L : Mais être homosexuel n’est pas une maladie !
P.P : Evidemment, mais je l’ai pensé longtemps, jusqu’à l’âge de 35 ans. Je commence petit à petit à envisager d’être ami avec mon homosexualité. Aujourd’hui encore il m’arrive de très mal le vivre et parfois je donnerais tout pour être hétéro. Quand je me regarde dans un miroir, je me dis que je suis un homme qui est fait pour protéger une femme, pour la faire rêver et je ne me vois pas être l’amant d’un autre homme, je ne me reconnais pas dans cela. Pourtant mon corps est électrisé par un beau mec, je suis sexuellement attiré par les hommes donc je suis foncièrement homosexuel. Mon personnage le dit dans la pièce : j’ai le sentiment d’être un homo dans le corps d’un hétéro. C’est étrange. Et complexe. Beaucoup plus que de dire, à propos de mon mariage avec Véronique, que je tentais de me cacher vis-à-vis du public, que c’était un problème d’image. Non, c’était entre moi et moi. Je l’aimais et en même temps je pouvais me dire, intimement, qu’il y avait une erreur. Une erreur de la nature qui me tombait dessus.
G.L : Révéler au public une partie de votre vie, puisque la pièce s’en inspire, n’a-t-il pas été une souffrance de plus ?P.P : Absolument pas. Ecrire est un refuge et j’ai vécu des moments d’euphorie incroyables en créant cette pièce. J’ai surtout essayé d’être totalement honnête, d’écrire comme je parle vraiment à mon entourage. Du fait de cette transparence, je me suis dit, quand j’ai tout relu, que certains passages risquaient forcément d’être mal interprétés.
G.L : Lesquels, par exemple ?
P.P : Eh bien, quand je raconte que je drague sur Internet. Dans mon esprit, je suis un Casanova qui cherche le grand amour, c’est ça la vérité. Quand on le voit de l’extérieur, on peut également et légitimement se dire : “Tu parles, c’est juste un gros queutard qui accumule les conquêtes !”
G.L : Internet n’est pas non plus forcément le meilleur endroit pour rencontrer le grand amour.
P.P : Non, mais je ne vais plus en boîte de nuit alors Internet est devenu ma boîte de jour. On y va pour les mêmes raisons : rire, vite baiser ou tomber amoureux.
G.L : La pièce évoque également la multiplicité des relations sexuelles chez les homos. Comment l’expliquez-vous ?
P.P : Les homos entre eux sont assez vite d’accord pour une relation sexuelle. On n’est pas obligé d’aller au resto avant, d’offrir des fleurs. Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas lié à l’homosexualité, c’est masculin. Les hommes hétéros eux-mêmes, si ça ne tenait qu’à eux, coucheraient très, très vite. Oui, je vois que vous acquiescez. Ce sont les filles qui retardent le moment. Et elles ont raison parce que ça permet d’infuser les sentiments.
G.L : Mais comment est-ce qu’on trouve le grand amour que vous cherchez en ayant un partenaire différent chaque jour ?
P.P : Voilà, c’est pour cela que j’ai changé de mode de vie. Ça veut dire arrêter d’essayer de ne séduire que des beaux mecs comme on collectionne des trophées, mais plutôt essayer de rencontrer quelqu’un qui a pris des coups, qui a un peu plus d’expérience de la vie et puis laisser infuser les sentiments avec lui.